24 Septembre 2020 > 26 Septembre 2020
Gratuit, sur inscriptions (lunch inclus)

ATTENTION, MESURES COVID19: La jauge est très limitée à cause des mesures sanitaires à respecter. Nous espérons pouvoir revoir cela en fonction de l'évolution de la situation. Nous prenons donc les inscriptions et dès que nous dépassons le nombre autorisé, vous serez sur liste d'attente, en espérant pouvoir ouvrir l’évènement à plus de monde à ce moment là.

La journée du 25/09 étant une préparation à la journée du 26/09, nous favorisons les inscriptions aux deux jours du programme "Towards The Good Life".

L'inscription peut se faire via le formulaire accessible sur ce site version classique.
Anglais ou français en fonction des intervenant·e·s (pas de traduction simultanée)
Urban Academy

Towards The Good Life
Accupunctures urbaines, réflexions et pratiques pour réinventer des désirs de futur.


Aujourd’hui, plus que jamais, il est temps de repenser notre rapport à l’environnement, à la ville, au vivant, et de recréer du désir pour trouver la force de faire face au futur qui se prépare.

Trois jours durant, nous ferons l’état des lieux des villes et de la situation écologique aujourd’hui. Nous tâcherons également d’envisager l’avenir sur base de constats réalistes, de rituels, de désirs, et d’imaginaires.

Le programme se trouve ci-dessous.

*** COMPLET ***
> Les trois jours sont complets. Vous pouvez vous inscrire sur une liste d’attente via l’onglet « Inscriptions » ci-dessous. Nous vous préviendrons au plus vite si des places se libèrent.
> La plupart des interventions seront filmées, les vidéos seront mises en ligne au plus vite après la Urban Academy.

JOUR 1: Acupunctures

Neuf artistes ont "diagnostiqué" neuf villes européennes, nous les invitons à venir partager leurs expériences. 

Jeudi 24 septembre 2020
Acupunctures

Neuf missions d'Acupuncture Artistique ont eu lieu en Europe entre le printemps 2018 et la fin 2019, accueillies par 9 partenaires du réseau IN SITU, dans le cadre du projet ACT (2016-2020).

A chaque fois, un·e artiste étranger·ère était invité·e à passer une semaine dans un contexte spécifique pour aborder une problématique locale préalablement identifiée, liée à l'un des trois thèmes suivants : la justice sociale, l'identité culturelle et le renouveau urbain. Pendant son séjour, l'artiste recueille les points de vue de politicien·ne·s locaux·ales, d'activistes, de travailleur·euse·s sociaux·ales, d'habitant·e·s... Il·elle élabore ensuite une proposition pour une intervention artistique, qui peut être réalisée ou non. Cette perspective artistique sur un contexte européen spécifique illustre la manière particulière dont les artistes lisent les espaces sociaux.

Au cours d’une journée faite de témoignages et d’ateliers, nous tisserons un paysage européen en questionnement et nous entendrons les points de vue, souvent singuliers, de ces artistes, performeur·euse·s, plasticien·ne·s, chorégraphes, sur des thématiques comme la place des femmes dans l’espace public, l’exode rural, les rituels urbains ou la signification des monuments...

Cette journée sera animée par Herman Bashiron Mendolicchio, chercheur et critique d’art de l’Université de Barcelone.

Intervenant·e·s: Danae Theodoridou (GR/BE), Maria Sideri (GR), Sjoerd Wagenaar (NL), Nada Gambier et Mark Etchells (BE/UK), Morten Traavik (NO), Francesca Grilli (IT/BE), Zweintopf - Gerhard Pichler (AT), Joanne Leighton (AUS/BE).

Programme:

9:30 > 12:30      Séance plénière (introduction aux projets, conversations avec les artistes, discussion autour des défis adressés: le renouveau urbain, la justice sociale, l'identité culturelle)
12:30 > 14:00    Lunch cuisiné par APUS et les cocottes volantes
14:00 > 17:00    Workshops menés par Danae Theodoridou, Maria Sideri, Mark Etchells et Nada Gambier
17:00 > 17:30    Conclusions

Workshops:

Choisir un workshop parmi:

1/ Danae Theodoridou : The Practice of Democracy - en anglais
Le workshop portera sur la pratique de la parole publique en tant qu'action démocratique, le plus souvent pratiquée par les hommes et femmes politiques juste avant les élections. Et si cette pratique était rendue à tou·te·s les citoyen·ne·s sous la forme d'une action quotidienne, à l'instar de ce qui se passait dans la démocratie athénienne ? Qu'est-ce que cela signifierait pour la pratique de la démocratie et la façon dont nous vivons ensemble ? Des questions telles que : "comment prenons-nous des décisions communes ?", "comment nous organisons-nous pour le faire ?", "que voulons-nous décider en commun ?", etc., deviennent les points de départ d'une série de processus et de tâches individuelles et collectives liés à la manière dont nous plaçons notre corps et notre voix dans l'espace public. À travers une série d'exercices de déplacement, de réflexion, d'écriture et d'expression orale liées à l'utilisation du corps et du langage dans l'espace public, une analyse des traits décisifs de "courage, responsabilité et honte" (Castoriadis) dans le discours public et une réflexion sur la relation de la démocratie avec les sens et l'imaginaire, l'objectif est de (re)considérer le type de décisions que nous prenons ensemble et la façon dont nous comprenons notre coexistence sociale dans un contexte démocratique.

"The Practice of Democracy" est un projet de recherche d'une année mené avec le soutien de la Communauté flamande.

2/ Nada Gambier & Mark Etchells : The Voice of a City - en français et anglais
Dans cet atelier, Nada et Mark partageront leur amour des rencontres comme outil d'observation du monde dans lequel nous vivons. À travers les voix des habitants, une autre ville peut apparaître.
Après une courte introduction, les participant·e·s seront divisé·e·s en petits groupes et recevront une carte avec un point. C'est votre rendez-vous.
En groupe, vous partez ensuite en mission pour en savoir plus sur votre rendez-vous, qui est cette personne, son histoire, son rôle dans le quartier. Avec quelques outils simples, vous allez converser avec un·e inconnu·e pendant environ une heure.
Après les rendez-vous, nous nous retrouvons à La Bellone pour un partage des résultats et une discussion.
Quel tableau du quartier pouvons-nous maintenant dresser ? Que savons-nous et qu'est-ce qui reste un mystère ? Que signifie être inconnu·e ? Quel est l'effet d'aller vers plutôt que de garder une distance ? Que se passe-t-il lorsque la voix invisible est partagée ? Qui devenons-nous lorsque nous sommes ensemble ?
Comment partageons-nous les voix de ceux qui sont absents ? À quoi ressemble la ville dans laquelle nous voulons vivre ?

3/ Maria Sideri : Hospitalité, hostilité ? La performance des corps féminins dans un espace public déconfiné - en français
L’expérience du confinement a introduit dans nos vies de nouvelles restrictions topographiques très spécifiques. Leur impact reste à mesurer mais une mutation de notre perception des corps dans leur relation aux autres corps est déjà à l’œuvre. Le corps féminin, imaginé comme un espace social, utilise continuellement des méthodes performatives pour revendiquer sa place dans l’espace public. Entre stratégies d’évitement, ruptures sensorielles, ajustements de comportements ou de trajectoires, les femmes doivent faire preuve d’inventivité pour traverser l’espace public.
Quels sont les gestes barrières imposés dans un espace public genré et qu’est-ce qui a changé depuis le confinement ? En quoi l’art de la performance peut offrir aujourd’hui des outils pour un espace public plus solidaire et égalitaire ? Cette masterclasse offre des outils performatifs pour imaginer une cartographie féministe de l’espace public.
Déroulé: présentation du travail de Maria Sideri, exercices en salle : aborder le sujet par le corps, atelier d’écriture en groupe, conclusions performées.

Le workshop de Maria Sideri est proposé en collaboration avec la FAI-AR (France): la FAI-AR est la formation artistique de référence dédiée à la création en espace public, destinée à de jeunes artistes qui souhaitent accroître leurs capacités à créer et diriger des productions artistiques en dehors des lieux culturels dédiés.
 

JOUR 2 et 3: The Good Life

Étant donné la situation écologique actuelle et les scénarios que cette situation nous permet d'envisager pour notre futur, quelle vie est-il raisonnable de s'autoriser à désirer ?



Vendredi 25 et samedi 26 septembre 2020
The Good Life - Réinventer des désirs de futur

Une conférence-atelier


The Good Life - Réinventer des désirs de futur, se déroulera du 25 et 26 septembre 2020 dans le cadre de la Urban Academy, organisée par le CIFAS, à la Bellone, Maison du Spectacle, à Bruxelles. La conférence s'adresse à un public mixte composé d'artistes, d'opérateur·trice·s culturel·le·s, de chercheurs et d'étudiants. 

La première partie de la conférence, intitulée "Se représenter le présent - comment habitons-nous cette planète?" sera composée de trois présentations visant à dresser un portrait réaliste et tangible de notre situation écologique actuelle et des réponses à y apporter. Il s'agira de révéler et déconstruire les faux espoirs et d'introduire des outils pour une navigation de la catastrophe en cours.

La deuxième partie, "Reprendre Vie", sera consacrée au passage du constat de la catastrophe à l'imagination de futurs désirables. Par le rituel, tout d'abord, qui nous permet de faire le deuil, non seulement de ce qui a déjà été détruit, mais également des espoirs et des désirs qu'une prise en compte de la réalité de l'effondrement écologique, social et politique en cours ne nous permet plus d'entretenir. Puis, en explorant les moyens, avec Isabelle Stengers et Benedikte Zitouni de vivre la catastrophe sans lui tourner le dos et de développer des façons de résister au désastre.

La troisième partie de la conférence, "Désirer le Futur", sera dédiée à un exercice d'imagination collective, pour tenter d'élaborer ensemble des représentations réalistes de futurs qui seraient en phase avec ce que nous pouvons savoir du présent. Quelles valeurs, connaissances et sensibilités nous faut-il développer aujourd'hui pour que de tels futurs puissent devenir désirables?

***

Des imaginaires réalistes

L'impact désastreux des modes de vie de nos sociétés thermo-industrielles sur les écosystèmes dont elles dépendent est étudié et connu depuis un demi siècle. Avec l'accélération des effets délétères perceptibles sur notre environnement, la question de l'urgence ecologique, même si elle reste encore principalement entendue comme étant limitée à une crise climatique s'est généralisée auprès du grand public au cours de la dernière décennie.

Toutefois, les causes (pourtant évidentes), l'état d'avancement (pourtant visible) et la nature profondément systémique de cette catastrophe planétaire semblent être éludées par les pouvoirs publics et une grande majorité de la population au profit d'un récit alternatif nous protégeant d'une remise en cause fondamentale de nos modes de vie, plutôt que des dangers de l'effondrement écologique en cours.

La grande majorité dans nos sociétés vit ainsi un présent fictif, aliéné de ses réalités matérielles terrestres. Nous produisons, consommons et prenons des décisions comme si nous habitions une autre planète; nous imaginons un futur pour un monde qui n'existe pas. Car en réalité, nous avons les preuves tangibles que notre situation écologique, sociale et économique est bien pire que ce que nous pensons: beaucoup de choses en lesquelles nous plaçons nos espoirs font partie du problème plutôt que de la solution.

En imaginant le futur, nous pouvons espérer et désirer tout ce que notre imaginaire nous permet de nous représenter. Nous pouvons croire à tout ce que nous sommes capables de nous raconter à nous-mêmes en tant que société. Lorsque nous essayons de nous faire une image de ce que serait "La vie bonne" que nous aimerions mener dans le futur, nous donnons sens au présent et nous orientons nos choix. Or, une grande partie des promesses que nous nous faisons dans l'intimité de nos désirs individuels sont tout simplement irréalisables, car elles s'inscrivent dans un récit moderniste de progrès qui a perdu contact avec le réèl. Nous tendons ainsi vers un monde qui est tout simplement impossible, ou pire, dont la réalisation impliquerait la destruction de nos conditions de survie.

En maintenant vivant ce type d'idéal, le futur ne pourra que nous paraître de plus en plus sombre, car il ne pourra être peuplé que de castrations et de privations. En s'obstinant à tendre vers ces idéaux irréalistes, nous compromettons chaque jour un peu plus la possibilité d'en développer d'autres. Nous avons ainsi besoin de développer de nouveaux récits qui soient en phase avec la réalité de notre situation sur terre. Il nous faut alors imaginer et découvrir quelle serait la "Vie bonne" que nous pouvons raisonnablement nous autoriser à désirer, et surtout, il nous faut apprendre à désirer cette perspective, si nous voulons avoir une quelconque chance de la voir se réaliser.

Pour ce faire il nous faut tout d'abord faire face à la dure réalité de notre présent. Il nous faut comprendre l'effondrement écologique en cours et surtout accepter le champ de possibles que notre présent nous permet de dessiner pour le futur. Une fois cela fait, une fois le cadre rationnel et réaliste de notre situation sur terre redéfini, une fois nos désirs anciens relégués au rang de confabulations, que nous reste-il? Sommes-nous capables de résider dans ce nouveau monde? Afin de pouvoir l'habiter, il nous faut le repeupler de désirs viables. Il s'agit de remettre les pieds sur terre, afin de redonner à notre imagination son pouvoir de traction sur le réèl et de transformation du présent.

L'art et les artistes jouent un rôle fondamental dans la création d'images, dans la formation de nos imaginaires et dans la production de désirs. Comment inscrire ce travail dans la réalité de l'effondrement écologique? Comment participer en tant qu'artiste à la création de futurs qui vaillent la peine d'être désirés?

***

PROGRAMME

VENDREDI 25 SEPTEMBRE

10h > 14h

I. Se re-présenter le présent — Comment habitons-nous cette planète ?
La première partie de la conférence vise à dresser un portrait réaliste et tangible de la situation écologique actuelle. Il s'agira de révéler et de déconstruire les faux espoirs, d'identifier des voies qui seraient réellement à même de nous sortir de l'ornière.

1. Better than yeast? - Energie, civilisation & limites par Matteo Razzanelli (BE) - en anglais
2. Habiter colonial & crise écologique par Malcom Ferdinand (FR) - en français
3. Face à la catastrophe de l'anthropocène : résistance, résilience & décroissance par Agnès Sinai (FR) - en français (vidéoconférence)
4. Panel - en français et anglais

14h - 15h

Lunch végétarien cuisiné par APUS et les cocottes volantes


15h - 19h

II.  Reprendre vie
La deuxième partie de la conférence sera consacrée à la nécessité de faire le deuil des espoirs et des désirs que la réalité de la situation écologique, sociale et politique actuelle ne nous permet plus d'entretenir et qu'il nous faut laisser derrière nous pour faire place à de nouvelles façons d'imaginer nos futurs et de vivre nos présents.
1. The Last Straw— Un rituel pour tourner la page par Martina Petrovic, avec Noy Despoina Grigoriadou, Prisca Agnes Nishim-we, Renata Turkeš - en anglais
2. Réhabiter le présent par Isabelle Stengers & Benedikte Zitouni (BE) - en français


***

SAMEDI 26 SEPTEMBRE

III. Re-désirer le futur
La troisième partie de la conférence sera un exercice d'intelligence collective, pour élaborer ensemble des imaginaires en phase avec nos connaissances du présent. Quelles valeurs et sensibilités cultiver aujourd'hui pour qu'un tel futur puisse nous devenir désirable?

10h - 12h

1. Ouvrir le champ des possibles — Deux alternatives viables

A. L'Écolieu de l'Orneau par Romain Gauthier (BE) - en français (vidéoconférence)
B. Low Tech Solutions par Kris Dedecker (ES) - en anglais

12h - 13h

Lunch végétarien cuisiné par APUS et les cocottes volantes
 

13h - 18h


2. Une futurologie du désir. Conception: Maja Kuzmanovic & Ingrid Vranken, facilitation: Ingrid Vranken & tbd. (FOAM) (BE) - en français & anglais


Curation
Christophe Meierhans (BE)

La première journée (25/09) étant une préparation pour la seconde (26/09), nous favorisons les inscriptions aux deux jours du programme.