24 Septembre 2019 > 25 Septembre 2019
Gratuit.
Sur inscription
Attention, pour le Laboratoire d'imagination insurrectionnelle, les inscriptions se font sur la page de l'atelier!

L'inscription peut se faire via le formulaire accessible sur ce site version classique.
Selon les modules, en français ou en anglais
La Bellone
Rue de Flandre, 46
1000 Bruxelles
Imaginaires de l'écologie

Imaginaires de l’écologie
Art et activisme en période d’agitation climatique


En écho à plus de six mois de mobilisations estudiantines dans les rues de Bruxelles et d’ailleurs, le CIFAS s’empare de la question écologique pour porter le débat et confronter les stratégies et outils de l’art aux enjeux des combats sociaux.

Pendant deux jours, entre conférences, discussions et ateliers pratiques, nous tenterons de comprendre et expérimenter différentes modalités de l’activité artistique en lien direct avec les mobilisations en faveur du climat. Car l’écologie n’est pas qu’une affaire de taux de carbone ou d’augmentation du niveau moyen des océans, et la mobilisation ne naît pas uniquement d’une prise de conscience réflexive. Elle est aussi un grand chantier d’invention d’un imaginaire pour trouver des chemins d’entraide et de coopération à l’intérieur du vivant.

Les données scientifiques sont depuis longtemps disponibles et en accès libre, les actions à entreprendre sont connues, répertoriées, largement documentées. Malgré cela, nous résistons au changement qui semble si hors de portée de nos vies minuscules, comme si nos imaginaires peinaient à se représenter un autre monde possible, plus responsable, plus attentif à notre nature d’humain.

Si les narrations modernes semblent imploser avec l'Anthropocène, si l’annonce de l’approche de la fin du monde teinte nos combats d’amertume, comment raconter d'autres histoires, inventer des luttes joyeuses, des rapports sociaux solidaires, des utopies en acte ?

Avec Clémence Hallé (FR), Barbara Glowczewski (FR), Nidala Barker (AU), John Jordan et Isabelle Fremeaux (FR), Maria Lucia Cruz Correia & Steven Desanghere / Urban Action Clinic (BE), Bud Blumenthal / Extinction Rebellion (BE), Leandro Brasilio & Priscilla Toscano / Desvio Coletivo (BR), Gosie Vervloessem (BE)...

Programme

Mardi 24.09

9h00: Petit déjeuner

9h30: Performance 
The Horror Garden - Gosie Vervloessem 
(en anglais)

10h15 > 12h30: Séminaire
Imaginaires de l’écologie - Barbara Glowczewski (FR), Nidala Barker (AU), Clémence Hallé (FR), Bud Blumenthal / Extinction Rebellion (BE), animé par Aysegul Sert (TR)
(en français)

12h30 > 13h30: Lunch
Cuisiné par les Cocottes volantes

14h00 > 16h00: Atelier
Mené par Maria Lucia Cruz Correia & Steven Desanghere / Urban Action Clinic (BE)
(en anglais, facilitation portugais/français)

16h30 > 18h30: Atelier
Mené par Leandro Brasilio & Priscilla Toscano / Desvio Coletivo (BR)
(en anglais, facilitation portugais/français)

20h30: Conférence : Petit guide de résistance créative.
Par John Jordan et Isabelle Fremeaux / Laboratoire d’imagination insurrectionnelle (FR)
Lors de cette conférence, Isabelle Fremeaux et John Jordan, cofondateurs du L.I.I, exploreront divers principes guidant leur pratique, illustrés par une myriade d’exemples tirés de leur propre travail ainsi que celui de complices internationaux.
(en français)

Mercredi 25.09

10h00 > 18h00: Atelier
Laboratoire d’imagination insurrectionnelle 

Inscriptions

Les activités proposées dans la Urban Academy sont entièrement gratuites (lunch et petit déjeuner inclus), il est toutefois nécessaire de s'inscrire à l'avance et de manière séparée pour les deux jours.

-> Mardi 24.09: Inscriptions ici
-> Mercredi 25.09: Inscriptions ici (avant le 15 septembre)

Interventions et ateliers

The Horror Garden
Performance de Gosie Vervloessem

The Horror Garden est une performance d'investigation et/ou une installation sur la relation entre l'homme et les plantes, qui pose un certain nombre de questions importantes. Les gens traitent-ils les plantes avec suffisamment de respect ? Les plantes se sentent-elles reconnues et comprises par les gens ? La relation entre les humains et les plantes peut-elle transcender une exploitation mutuelle illimitée ? Que pouvons-nous apprendre sur nous-mêmes si nous considérons les plantes comme des personnes et quel genre d'horreur cela peut-il engendrer ? Que se passe-t-il lorsque une plante surgit soudainement de l'arrière-plan du salon ?
En cherchant une réponse à ces questions, Vervloessem fait appel à un certain nombre de films d'horreur dans lesquels les plantes nous font peur. Parfois, elles nous attaquent de front, mais souvent, l'horreur réside dans l'image de branches ondulantes ou de buissons bruissants. L'idée de colonisation se déroule comme un fil rouge à travers l'histoire : colonisation du territoire par les humains et les plantes, colonisation des organismes, des corps et des esprits....

Concept et performance : Gosie Vervloessem - Dramaturgie : Einat Tuchman - Production : wpZimmer - Avec le soutien de : CC Strombeek et l'école de Gaasbeek

Imaginaires autochtones et alliances transnationales pour chanter et peindre avec la terre
avec Barbara Glowczewski et Nidala Barker

Face aux grands projets destructeurs de l'environnement comme aux occupations et mobilisations de longue haleine, il faut inventer de nouvelles modalités pour défendre le commun: négocier avec l'Etat contre la pression globale des intérêts économiques privés et investir l'imaginaire pour répondre aux conflits de valeurs écologiques, sociales, religieuses, mais aussi aux violences, qu'elles viennent de la police, des maffias ou d'autres individus. En Australie les Aborigènes se sont investis dans la peinture pour défendre leurs revendications territoriales dès les années 80: leurs œuvres, fondées sur les cartographies de voyage des ancêtres totémiques qui les attachent à la terre, ont révolutionné le marché de l'art contemporain et servi de preuves dans les tribunaux pour la restitution de certaines terres. Aujourd'hui la jeune génération utilise la musique pour affirmer ses liens à la terre et se mobiliser contre le gaz de schiste, le charbon ou les déchets nucléaires. En Guyane française, les jeunes Amérindiens puisent aussi dans leur héritage Wayana, Kali'na ou autre et créent, en musique, des formes de résistance contre l'orpaillage clandestin ou industriel qui détruit déjà la forêt Amazonienne et pollue leurs rivières. L'impact de ces destructions qui affecte mortellement les populations concerne aussi l'avenir de toute la planète.
Barbara Glowczewski discutera en dialogue avec Nidala Barker qui utilisera la voix pour solliciter les participants de l'atelier à actualiser leur connexion avec la terre sur laquelle nous marchons et dont nous nous nourrissons tous physiquement et spirituellement.

Matters/Matières : histoires et politiques de l’Anthropocène
Clémence Hallé

Durant son intervention, Clémence Hallé reviendra sur sa méthode de recherche-création au sein de l'imaginaire écologique contemporain. Elle prendra pour exemple l'écriture de la pièce de théâtre Matters, qui raconte l’émergence de l’hypothèse d’Anthropocène (signifiant littéralement l’« époque géologique de l’humain ») dans le monde des sciences humaines et des arts. Matters est un solo, un assemblage polyphonique qui donne forme et corps aux archives de la rencontre inaugurale du Groupe de Travail sur l'Anthropocène qui a eu lieu à la Maison des cultures du monde, en octobre 2014 à Berlin durant l'Anthropocene Project, la première plateforme de recherches pluridisciplinaires et curatoriales sur l'hypothèse géologique. Le projet a initié tout un réseau de scientifiques, d’humanistes et d’artistes, tentant de répondre à la question : qu’est-ce que l’Anthropocène ? Et comment la mettre en oeuvre(s) ?

Workshop: Urban Action Clinic
Maria Lucia Cruz Correia & Steven Desanghere / Urban Action Clinic 

U.A.C. Urban Action Clinic est un laboratoire collectif temporaire qui utilise des tactiques environnementales permettant de combattre la pollution dans l'espace public. Le laboratoire réunit science, art et activisme afin de sensibiliser les gens sur l'impact des crimes environnementaux et du changement climatique.
En 2015, Maria Lucia Cruz Correia, Pr. Roeland Samson, Nathalie Hunter et Steven Desanghere ont proposé un prototype utopique de service public que les villes pourraient offrir à leurs habitant·e·s. Ce service apporterait clarté et information sur les désordres écologiques de la ville tout en apportant des solutions pour éliminer les produits chimiques toxiques et les métaux lourds produits par l'industrie et la pollution automobile.
Le projet a démarré en 2015 en collaboration avec l'équipe scientifique du Pr. Samson à l'Université d'Anvers. Leur recherche s'est concentrée sur l'utilisation de la méthode magnétique (SIRM) pour surveiller le niveau de pollution des plantes, permettant une visualisation précise de la quantité de particules ferromagnétiques (PM) déposées sur les feuilles.
En collaboration avec Nathalie Hunter, un kit anti-pollution a été conçu pour donner un aperçu des techniques de phytoremédiation et des plantes locales qui dépolluent le sol et le corps humain.
Pour l’atelier de la Urban Academy, Maria Lucia et Steven Desanghere inviteront les participant·e·s à explorer leurs troubles environnementaux personnels dans des quartiers spécifiques. Ensemble, le groupe élaborera des tactiques environnementales adaptées aux cas de chaque participant·e à travers des outils activistes créatifs, des avis juridiques et des méthodologies réparatrices.

Workshop: Performance activiste urbaine au Brésil
avec Priscilla Toscano et Leandro Brasilio / Desvio Coletivo

Dans cet atelier, Priscilla Toscano et Leandro Brasilio présenteront quelques œuvres de leur répertoire, ainsi qu'un bref aperçu de leur travail avec les principaux artistes / collectifs de performance activiste dans l'espace public au Brésil.
A partir de ces exemples, nous réfléchirons à ces formes d'expressions artistiques, nécessairement liées à des questions d'ordre social, et nous échangerons ensuite sur l'actualité autour de la forêt amazonienne brésilienne. Les participant·e·s pourront faire l'expérience de ce langage artistique combiné à ce thème urgent qui concerne l'ensemble de la communauté internationale.
Nous réaliserons également un petit exercice performatif dans l'espace public.

Intervenant·e·s

Barbara Glowczewski (FR), directrice de recherche au Laboratoire d'Anthropologie sociale (CNRS/EHESS/Collège de France) travaille sur la pensée réticulaire et les stratégies de résistance de différents groupes d'Aborigènes d'Australie ainsi que sur les alliances transnationales avec d'autres peuples autochtones et des collectifs luttant contre l'injustice et l'écocide. Auteur de nombreux livres (dont La Cité des Cataphiles, Les Rêveurs du désert, Rêves en colère, Guerriers pour la Paix, et Indigenising anthropology avec Guattari and Deleuze, EUPnd) et des productions audiovisuelles, dont le film Lajamanu qui restitue ses 40 ans de recherche avec les Warlpiri. Elle est engagée avec le comité consultatif du Fonds de dotation de Terre en commun.

Nidala Barker (AU), née sur la terre de sa grand-mère paternelle Djugun (Broome, Australie occidentale), utilise différents outils de son héritage autochtone pour promouvoir les liens existants en chacun.e pour mieux se connecter avec son milieu. Activiste environnementale et musicienne, son travail investit l'intersection entre l'activisme et la nécessité de créer des liens les uns avec les autres pour se lier au milieu, tout en explorant la sororité du womanhood. Agée de 25 ans, elle travaille dans une ferme régénérative où elle guide des groupes d'enfants et d'adultes pour parler et chanter sur le soin et la connexion à la terre. Elle a effectué pour son master de recherche (USYD) une recherche sur l'autonomie alimentaire et solidaire dans une ferme de Sydney. Elle est intervenue à l'Ambassade des Peuples autochtones lors de la COP21 à Paris, au Forum Food and Nutrition Security à l'Université de Sydney, et dernièrement durant le rallye Extinction Rebellion à Brisbane pour susciter positivité et solutions aux moments où l'on peut parfois perdre espoir. 

Clémence Hallé (FR) prépare un doctorat au sein du laboratoire « Sciences, Arts, Création, Recherche » de l'Ecole Normale Supérieure à Paris sur les histoires de l'Anthropocène. A travers sa thèse, elle poursuit ses travaux sur la recomposition de la pensée écologique contemporaine qu’elle a commencés sous la supervision du professeur Bruno Latour, d'abord en philosophie politique, puis en prenant une commande de son Programme d'expérimentations en arts politiques de Sciences Po (SPEAP) comme terrain d'études. Dans ce cadre, elle a rédigé le rapport d’une simulation en avance de la COP21 au Théâtre Nanterre-Amandiers, Paris Climat 2015: Make it Work, sous la forme d'un script, avec la dessinatrice SPEAP Anne-Sophie Milon (Halle et Milon 2015). La méthode qu’Anne-Sophie et Clémence ont expérimenté pour la première fois lors de l’écriture-dessinée de cette pièce de théâtre ont inspiré par la suite celles des projets de recherche-création qu’elles développent dorénavant à partir de leurs recherches respectives.

Le travail artistique de Maria Lucia Cruz Correia (PT/BE) témoigne de son engagement profond pour les questions environnementales. Elle réagit aux crimes écologiques de notre époque en amenant le public dans un environnement participatif qui met en relation l'artistique avec des voix scientifiques, activistes et juridiques. Ses actions abordent la guérison utopique en proposant une esthétique clinique qui dévoile l'interconnectivité humaine et non humaine. Le travail de Correia s'inspire des discours contemporains sur l'anthropocène, le colonialisme de la nature, l'héritage du changement climatique, la pollution dans les paysages urbains, la transition, la restauration et l'indigénéité. Correia propose souvent des articulations participatives en créant des plates-formes autonomes et temporaires qui créent souvent des moments de perturbation et d'harmonie entre savoirs, traditions culturelles, systèmes de valeurs et transformations sociales apparemment disparates. Depuis 2013, Correia fait partie du programme stadresidenten du Vooruit et son travail est soutenu par le réseau Imagine 2020.

Steven Desanghere (BE) (1972) est activiste, animateur de groupes et animateur de jeunesse. Il a travaillé pendant de nombreuses années sur des sujets tels que l'agriculture durable, les droits de l'homme, la paix, la diversité et la véritable démocratie. En tant que formateur, il a développé des ateliers sur la transformation des conflits, la dynamique de groupe, l'accueil de la diversité, la résistance à l'apprentissage, la politisation des luttes, etc. Dans son travail, il s'inspire beaucoup de la désobéissance civile, de la pédagogie critique, de la démocratie profonde, de l'écologie profonde et il plonge actuellement dans le pouvoir de la Gestalt Therapy.

Priscilla Toscano et Leandro Brasilio (BR) sont membres de Desvio Coletivo, un réseau d’artistes qui travaille dans cette zone frontière entre interventions urbaines et performance. Par la création d'interventions artistiques dans différents espaces urbains, le groupe développe des actions qui génèrent des îlots de désordre éphémère de nature critique et poétique.
Priscilla est directrice artistique, interprète, éducatrice artistique et chercheuse dans le groupe. Elle est diplômée de l'Université de São Paulo pour sa recherche intitulée : "Political Performance in Public Spaces - A Guide for Empowered Women".
Leandro est un artiste, producteur et avocat qui étudie les limites de l'art dans l'espace public, spécialiste en gestion de projets culturels à l'Université de São Paulo.

John Jordan (FR) est artiste activiste, « une sorte de magicien de la rébellion » selon le quotidien Libération et « extrémiste de l'intérieur » selon la police Britannique. Il a été co-directeur de Platform, un groupe d’art social de 1987 à 1995, avant de travailler avec le collectif d’action directe Reclaim The Streets (1995- 2000). En 2003, il a co-dirigé le livre We Are Everywhere: The Irresistible Rise of Global Anti-Capitalism [Nous sommes partout. L’irrésistible ascension de l’anticapitalisme mondial] publié par Verso. Professeur aux Beaux-Arts pendant presque dix ans (1994-2003), il a quitté le monde universitaire pour travailler sur le film de Naomi Klein The Take. En 2004, il a eu l’idée ridicule de fonder la Clandestine Insurgent Rebel Clown Army [Armée des Clowns] qu'il a désertée quelques années plus tard.

Isabelle Fremeaux (FR) a grandi en France avant de partir à l'aventure à Londres, où elle a travaillé comme journaliste free-lance, professeur de français et administratrice d'une compagnie de « community arts », tout en réalisant une thèse de doctorat sur le concept de communauté. Elle est devenue Maître de Conférences en Media et Cultural Studies à Birkbeck College-University of London (GB) où elle a exercé pendant 10 ans, avant de déserter l’Université pour respirer le vent de la liberté et du collectif. Grâce au L.I.I, elle a été successivement (et parfois simultanément) clown rebelle, pirate, cycliste désobéissante, utopiste... Elle poursuit une recherche-action qui explore l’éducation populaire et les dynamiques collectives, et prête ses compétences à divers collectifs, associations et institutions en tant que formatrice et consultante. John et Isabelle sont les co-auteurs du livre-film Les Sentiers de l'Utopie (La Découverte, 2011) et vivent aujourd'hui sur la zad de Notre-Dame-des-Landes.

En tant qu'artiste performeure, Gosie Vervloessem (BE) expérimente les lois de la physique à des fins domestiques. Son travail et ses questionnements se concentrent principalement sur l'observation des phénomènes naturels. Tout semble si logique, mais quelle est la logique derrière tout cela ? En 2014, le travail de Vervloessem s'est recentré sur l'alimentation, la digestion et l'indigestion, cela a donné lieu à des conférences, des laboratoires ouverts et un magazine en ligne sur les processus lents, les amis et les ennemis invisibles, l'hygiène et le contrôle dans la cuisine. Comment s'identifier à un monde inclassable, chaotique, insalubre et désordonné ? Vervloessem a poussé encore plus loin l'idée de la cuisine comme sanctuaire et terrain de jeu pour les visiteurs non invités. A travers ses recherche, elle ramène les espèces étrangères invasives dans le contexte domestique. Quelles sont les valeurs qui sous-tendent l'écologie de l'invasion et comment peut-on les appliquer ou les ignorer dans la préparation d'une tarte aux pommes ? Ses recherches actuelles se portent sur la relation entre le règne végétal et l'Homo Sapiens, à la lumière du genre de l'horreur. Dans son travail, elle explore les idées sous-jacentes à nos perceptions de la nature.

Aysegul Sert (TR) est journaliste. Originaire de Turquie, elle a longtemps travaillé en tant que correspondante pour la presse américaine à New York et à Los Angeles. Ses reportages l'ont amenée à rencontrer des personalités politiques que culturelles comme par exemple J.M.G. Le Clézio, Sebastião Salgado, Shirin Neshat, Yasmina Reza, Isabel Allende, Julian Schnabel, Laurent Gaudé ou encore Maya Angelou. Actuellement, elle partage sa vie entre Istanbul et Paris. Elle collabore notamment avec le New York Times et le New Yorker. En outre, elle intervient régulièrement sur Arte et France 24 pour l’actualité internationale.